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Il avait nom CORNE D’AUROCHs
Au gué, au gué
Tout l’monde peut pas s’app’ler Durand
Au gué, au gué

Il avait nom CORNE D’AUROCHs
Au gué, au gué
Tout l’monde peut pas s’app’ler Durand
Au gué, au gué

En le regardant avec un œil de poète
On aurait pu croire à son frontal de prophète

En le regardant avec un œil de poète
On aurait pu croire à son frontal de prophète

Mais que le bon dieu lui pardonne
Au gué, au gué
C’étaient celles du robinet
Au gué, au gué

Mais que le bon dieu lui pardonne
Au gué, au gué
C’étaient celles du robinet
Au gué, au gué

On aurait pu croire en l’voyant penché sur l’onde
Qu’il se plongeait dans des méditations profondes
Sur l’aspect fugitif des choses de se monde
CORNE D’AUROCHs
C’étaient hélas pour s’assurer
Au gué, au gué
Qu’ le vent n’l’avait pas décoiffé
Au gué, au gué
C’étaient hélas pour s’assurer
Au gué, au gué
Qu’ le vent n’l’avait pas décoiffé
Au gué, au gué

Il proclamait à son de trompe à tous les carrefours:
« Il n’y a qu’les imbéciles qui sachent bien faire l’amour
La virtuosité c’est une affaire de balourds! »
CORNE D’AUROCHs

Il potassait à la chandelle
Au gué, au gué
Des traités de maintien sexuel
Au gué, au gué

Et sur les femmes nues des musées
Au gué, au gué
Faisait l’brouillon de ses baisers
Au gué, au gué

Et bientôt petit à petit
Au gué, au gué
On a tout su, tout su de lui
Au gué, au gué

On a su qu’il était enfant de la Patrie
Qu’il était incapable de risquer sa vie

Pour cueillir un myosotis à une fille
CORNE D’AUROCHs

Qu’il avait un petit cousin
Au gué, au gué
Haut placé chez les argousins
Au gué, au gué

Et que les jours de pénurie
Au gué, au gué
Il prenait ses repas chez lui
Au gué, au gué

C’est même en revenant d’chez cet antipathique
Qu’il tomba victime d’une indigestion critique
Et refusa l’secours de la thérapeutique
CORNE D’AUROCHs
Parce que c’était à un Allemand
Au gué, au gué
Qu’on devait le médicament
Au gué, au gué
Parce que c’était à un Allemand
Au gué, au gué
Qu’on devait le médicament
Au gué, au gué

Il rendit comme il put son âme machinale
Et sa vie n’ayant pas été originale
L’Etat lui fit des funérailles nationales
CORNE D’AUROCHs
Alors sa veuve en gémissant
Au gué, au gué
Coucha-z-avec son remplaçant
Au gué, au gué
Alors sa veuve en gémissant
Au gué, au gué
Coucha-z-avec son remplaçant
Au gué, au gué

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