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Sans Rancune

Regardes toi chargée de violences Ton visage

Est triste, tes extrémités meurtries Ils louent

Tous ta beauté, ta grâce Moi je n’ai vu qu’une garce

Là où tout le monde voit un regard profond

Moi je vois le mépris et l’affront Écoute ma

Douloureuse Mais je t’en supplie n’y vois aucune haine

Si ce n’est le dépit d’un amant rejeté d’un enfant

Abandonné, renié pour t’avoir vu radieuse, j’ai toujours su

Que tu n’étais qu’une torturée ! Triturée par les

Vicissitudes de ton histoire et j’ai fait l’indifférent…

Ma peine me suffisait Oui, je n’ai jamais cru en notre guérison

J’ai voulu savoir le pourquoi de chacune de tes blessures

L’étymologie de tes maux voir remuer tes cicatrices

Comme autant de lèvres endolories !

Faire le psy

Aller chercher dans ton enfance voisine tu es restée

Muette, affolée et muette mais on me l’a raconté

Comme tu étais belle, grande et blanche avec de longs

Cheveux qui dansent tellement de nattes qu’elles

Feraient de l’ombre a mille soleils

Tellement intéressante qu’au prés de toi aucune fatigue

N’appelait le sommeil

AMOUREUX, MOI

Mais je suis né de ton cœur, je suis né de ton cœur

Et j’ai pleuré de te voir traîner ta peine les pieds

Dans les bottes de fer un pied sur le trottoir l’autre en enfer

J’ai pleuré ta robe déchirée plus que ta peau

J’ai pleuré ta honte te voir résignée jusqu’à oublier

Le visage des kidnappeurs ceux qui t’ont élevé dans la peur

Qui t’ont arraché à ta merveilleuse famille pour te traîner

Loin de tes rêves, je sais maintenant qu’ils arboraient

Le visage de l’amitié toi qui donnais ton dos

Au bâton de la confiance tu les connaissais

Tu as cru bien faire en les suivant rien ne justifie

Ma colère. je t’en supplie, ne vois aucune haine

La rancune est le pire des défauts la rancune

Est le coffre fort de la mémoire tu n’as jamais

été rancunière, toi. toi qui allaites en ton sein

Tes violeurs toi qui tends la main à tes égorgeurs

Mais tu négliges. tu négliges, comme on t’a négligée

Tu négliges, comme on t’a méprisée tu déracine, toi

La déracinée oui tu déracine surtout et dans ta

Générosité tu replantes pour les autres

Ailleurs

Des chênes, des hêtres, des arbres imposant

Au feuillage vert. creux et fragiles comme du verre

Toi qui veux tellement être aimée, Toi qui attends

Toujours après ta robe de mariée taillée dans le tissu

De la blanche liberté. je t’ai vu faire ta vierge effarouchée

Devant ces étrangers venus t’ausculter leur pitié entre les doigts

Alors que tu voulais plaire

Plaire sans prendre le temps de te faire belle ?

Comme tu es restée naïve mon ange d’hier tu n’es plus

L’ombre de toi-même je n’ai plus envie d’être ton amant

Mais ton enfant t’aime quand même

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